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L’Europe sans frontières

Nous sommes à Rion près de Patra en Grèce et cela fait maintenant deux mois que nous sommes partis pour vivre une grande Aventure. Nous sommes partis effectuer 25000 kilomètres en tandem à travers l’Europe.

Certains se demandent encore pourquoi deux quinquagénaires décident ainsi de laisser leur vie bien réglée pour aller jouer les baroudeurs. Pourquoi en effet ? Ce n’est pas par dépit, ni par défi, c’est d’abord par envie. L’envie de vivre différemment, de vivre intensément, en allant au devant de la vie, au devant des autres, à la découverte de nos voisins, qui seront amenés à plus ou moins longue échéance à vivre en harmonie. C’est du moins ce que l’on espère pour les générations à venir.

Cette aventure qui se vit au quotidien nous permet de découvrir et d’apprendre encore et toujours sur les autres et sur nous mêmes.

Comme nous avons depuis un certain temps un problème sur notre roue arrière, après l’avoir changée en Autriche, cette dernière nous lâche complètement avant notre arrivée à Budapest nous obligeant ainsi, après avoir roulé 70 kilomètres, à finir notre étape sous la pluie à pied en poussant le tandem pendant 30 kilomètres. Lorsque nous arrivons à la pancarte ERD, la nuit tombe et nous devons absolument trouver à nous loger d’une façon ou d’une autre. Nous aurons encore à marcher pendant 5 kilomètres pour rejoindre l’hôtel que nous indique un habitant. Quand enfin nous le voyons apparaître, il nous semble que celui-ci ne correspond pas vraiment à notre budget. Mais il est tard, il fait froid, nous sommes fatigués, les gens autour de nous ne parlent que le hongrois, nous sommes prêts à faire une exception. Mais le destin se charge de notre état d’âme, car l’hôtel est complet… Retour à la case départ.

C’est alors qu’un touriste allemand nous propose de nous aider car il parle hongrois et avec lui nous arrivons à trouver une chambre dans une pension, en face de l’hôtel en question et à un prix trois fois moins élevé.

Au fil du temps, nous nous apercevons que les problèmes peuvent être générateurs d’échanges très enrichissants qui n’auraient peut-être pas vu le jour si tout se passait toujours sans accroc. Il faut savoir s’adapter aux circonstances, accepter les imprévus et les gérer au mieux.

Le hasard fera que nos chemins rencontreront d’autres voyageurs et que nous finirons ensemble la dernière étape en Sardaigne avant le passage en Corse et partagerons une boîte de cassoulet dans une chambre qui sent le moisi, louée à un particulier.

Cette aventure est avant tout une grande aventure humaine car on est amené à rencontrer un tas de gens différents, soit par la langue, par les habitudes de vie, par le niveau social, soit par l’âge. Mais quelles que soient les différences, il ressort toujours quelque chose de positif dans les divers échanges que l’on peut avoir.

Notre moyen de locomotion ne passe pas inaperçu. D’ailleurs le choix que nous avons fait est lié spécifiquement à la symbolique de notre projet. Pour voyager en tandem, il faut être deux et très unis dans la façon de pédaler, cela s’accorde donc bien avec l’union européenne, qui sera le but de notre périple.

De plus, cette petite remorque que nous avons peinte aux couleurs du drapeau européen complète harmonieusement notre équipage, dont l’ensemble mesure 3,80 m de long.

Ainsi, partout où nous sommes passés jusqu’à présent, nous avons été maintes et maintes fois pris en photo.

Nous n’aurions donc pas accordé plus d’importance à ce couple en Sardaigne, s’il ne s’était arrêté au bord de la route après nous avoir photographiés.

Il s’avère que ces personnes ont par la suite écrit un grand article sur nous et l’ont fait apparaître sur leur propre site internet en tant qu’organisateurs de randonnées cyclosportives.

Toutes les personnes qui s’intéressent de près ou de loin à notre projet, qui nous encouragent par un signe, un e-mail, un coup de téléphone, nous motivent davantage et nous confirment que le rêve peut devenir réalité si l’on force quelquefois le destin et que l’on fait l’effort d’aller vers les autres et avec les autres.

En Slovaquie, un pays qui nous était inconnu jusqu’à présent, nous recherchons un magasin de cycles pour pouvoir changer deux rayons. Nous demandons notre chemin à une petite troupe de gamins en vélo. Nous ne parlons pas du tout la même langue et ces gamins de banlieue sont en extase devant notre tandem, mais nous arrivons tout de même à échanger avec eux et à nous faire comprendre.

Après avoir trouvé la personne susceptible de nous dépanner, nous allons vers un hôtel, toujours accompagnés par nos gamins, qui fièrement nous servent d’escorte, narguent les autres jeunes que nous croisons. Nous ne pouvons malheureusement pas expliquer à ces gamins de quartier que le prix de l’hôtel où nous allons ne correspond pas du tout pour nous à la valeur qu’il a pour les gens de leur pays.

Comme nous n’avons pas pu davantage leur dire que le gros téléphone satellite que nous avons et qui provoque leurs rires, a une valeur nettement plus élevée que les téléphones portables qu’eux mêmes possèdent et exhibent fièrement.

Dans cet hôtel de luxe pour ce pays, la jeune hôtesse qui est à l’accueil parle six langues ; ce qui nous prouve bien que ces pays d’Europe centrale ont la capacité et la volonté de s’ouvrir aux autres pays et la qualité de leurs services en général nous l’a prouvé à diverses reprises.

Mais au delà de toutes ces anecdotes, il ne faut pas oublier les échanges que nous avons avec les jeunes du collège avec qui nous travaillons. Tous les pays que nous traversons et qui font partie de l’Union Européenne font l’objet d’un compte rendu circonstancié de ce que nous voyons, de la perception que nous avons des choses, des gens, de l’économie du pays. Nous espérons que cette façon de procéder  leur permettra de mieux connaître ces pays et pourquoi pas les incitera un jour à vivre leur propre expérience sur le terrain.

Nous sommes conscients de la chance que nous avons de pouvoir effectuer un tel périple et sommes heureux de pouvoir ainsi partager notre expérience avec ces jeunes qui pour certains n’ont pas la possibilité de voyager.

On s’aperçoit également de l’intérêt que présente notre voyage par rapport aux visites effectuées sur notre site. De même, il apparaît qu’à travers et autour de notre projet, des liens divers se tissent et des complicités se créent.

Francis et Nelly.            

février 16, 2005 dans Ils l'ont fait | Permalink

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Commentaires

Dites OUI à l'Europe avec ce e-tractage: http://www.cybermilitant.com/europe

Rédigé par : Cybermilitant | 13 mar 2005 17:18:01

Super vos histoires mais en quoi un NON au TC les empecherait ? Les suisses et les anglais vivent bien les mêmes non ?

Rédigé par : Alphonse | 8 avr 2005 22:10:30

Sacrifier le rêve des hommes de s’unifier pour la paix, c’est mettre en péril son évolution et son avenir. Sacrifier un moment rare de grande humanité, c’est rêver que l’on peut ré-écrire l’histoire .

Voyance-internet.com

Rédigé par : Isabelle de Marigny | 16 avr 2005 08:34:41

Bande de vieux cons. Isabelle de Marigny pête peut être dans la soie... pour sortir ce genre de conneries et se prendre pour une voyante.
Ah la la! C'est affligeant vos affaires et vos histoires.
Surtout pas l'europe entre vos mains, c'est la catastrophe assurée.

Rédigé par : Fred | 11 mai 2005 22:03:07

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