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Nono d'honneur

NonoÀ partir de la semaine prochaine et jusqu'au référendum, nous vous proposerons de récompenser pour : "leur courage politique, leur honnêteté politique, la finesse et la pertinence de leurs arguments" des "nono" du Non à la Constitution.

Nous décernerons collégialement des "nono" d'or, de bronze et d'argent et tiendrons un palmarès sur l'ensemble de la campagne.

Si vous avez déjà des propositions, n'hésitez pas, postez-les dans les commentaires !

février 17, 2005 dans Nono | Permalink | Commentaires (46) | TrackBack

L’Europe sans frontières

Nous sommes à Rion près de Patra en Grèce et cela fait maintenant deux mois que nous sommes partis pour vivre une grande Aventure. Nous sommes partis effectuer 25000 kilomètres en tandem à travers l’Europe.

Certains se demandent encore pourquoi deux quinquagénaires décident ainsi de laisser leur vie bien réglée pour aller jouer les baroudeurs. Pourquoi en effet ? Ce n’est pas par dépit, ni par défi, c’est d’abord par envie. L’envie de vivre différemment, de vivre intensément, en allant au devant de la vie, au devant des autres, à la découverte de nos voisins, qui seront amenés à plus ou moins longue échéance à vivre en harmonie. C’est du moins ce que l’on espère pour les générations à venir.

Cette aventure qui se vit au quotidien nous permet de découvrir et d’apprendre encore et toujours sur les autres et sur nous mêmes.

Comme nous avons depuis un certain temps un problème sur notre roue arrière, après l’avoir changée en Autriche, cette dernière nous lâche complètement avant notre arrivée à Budapest nous obligeant ainsi, après avoir roulé 70 kilomètres, à finir notre étape sous la pluie à pied en poussant le tandem pendant 30 kilomètres. Lorsque nous arrivons à la pancarte ERD, la nuit tombe et nous devons absolument trouver à nous loger d’une façon ou d’une autre. Nous aurons encore à marcher pendant 5 kilomètres pour rejoindre l’hôtel que nous indique un habitant. Quand enfin nous le voyons apparaître, il nous semble que celui-ci ne correspond pas vraiment à notre budget. Mais il est tard, il fait froid, nous sommes fatigués, les gens autour de nous ne parlent que le hongrois, nous sommes prêts à faire une exception. Mais le destin se charge de notre état d’âme, car l’hôtel est complet… Retour à la case départ.

C’est alors qu’un touriste allemand nous propose de nous aider car il parle hongrois et avec lui nous arrivons à trouver une chambre dans une pension, en face de l’hôtel en question et à un prix trois fois moins élevé.

Au fil du temps, nous nous apercevons que les problèmes peuvent être générateurs d’échanges très enrichissants qui n’auraient peut-être pas vu le jour si tout se passait toujours sans accroc. Il faut savoir s’adapter aux circonstances, accepter les imprévus et les gérer au mieux.

Le hasard fera que nos chemins rencontreront d’autres voyageurs et que nous finirons ensemble la dernière étape en Sardaigne avant le passage en Corse et partagerons une boîte de cassoulet dans une chambre qui sent le moisi, louée à un particulier.

Cette aventure est avant tout une grande aventure humaine car on est amené à rencontrer un tas de gens différents, soit par la langue, par les habitudes de vie, par le niveau social, soit par l’âge. Mais quelles que soient les différences, il ressort toujours quelque chose de positif dans les divers échanges que l’on peut avoir.

Notre moyen de locomotion ne passe pas inaperçu. D’ailleurs le choix que nous avons fait est lié spécifiquement à la symbolique de notre projet. Pour voyager en tandem, il faut être deux et très unis dans la façon de pédaler, cela s’accorde donc bien avec l’union européenne, qui sera le but de notre périple.

De plus, cette petite remorque que nous avons peinte aux couleurs du drapeau européen complète harmonieusement notre équipage, dont l’ensemble mesure 3,80 m de long.

Ainsi, partout où nous sommes passés jusqu’à présent, nous avons été maintes et maintes fois pris en photo.

Nous n’aurions donc pas accordé plus d’importance à ce couple en Sardaigne, s’il ne s’était arrêté au bord de la route après nous avoir photographiés.

Il s’avère que ces personnes ont par la suite écrit un grand article sur nous et l’ont fait apparaître sur leur propre site internet en tant qu’organisateurs de randonnées cyclosportives.

Toutes les personnes qui s’intéressent de près ou de loin à notre projet, qui nous encouragent par un signe, un e-mail, un coup de téléphone, nous motivent davantage et nous confirment que le rêve peut devenir réalité si l’on force quelquefois le destin et que l’on fait l’effort d’aller vers les autres et avec les autres.

En Slovaquie, un pays qui nous était inconnu jusqu’à présent, nous recherchons un magasin de cycles pour pouvoir changer deux rayons. Nous demandons notre chemin à une petite troupe de gamins en vélo. Nous ne parlons pas du tout la même langue et ces gamins de banlieue sont en extase devant notre tandem, mais nous arrivons tout de même à échanger avec eux et à nous faire comprendre.

Après avoir trouvé la personne susceptible de nous dépanner, nous allons vers un hôtel, toujours accompagnés par nos gamins, qui fièrement nous servent d’escorte, narguent les autres jeunes que nous croisons. Nous ne pouvons malheureusement pas expliquer à ces gamins de quartier que le prix de l’hôtel où nous allons ne correspond pas du tout pour nous à la valeur qu’il a pour les gens de leur pays.

Comme nous n’avons pas pu davantage leur dire que le gros téléphone satellite que nous avons et qui provoque leurs rires, a une valeur nettement plus élevée que les téléphones portables qu’eux mêmes possèdent et exhibent fièrement.

Dans cet hôtel de luxe pour ce pays, la jeune hôtesse qui est à l’accueil parle six langues ; ce qui nous prouve bien que ces pays d’Europe centrale ont la capacité et la volonté de s’ouvrir aux autres pays et la qualité de leurs services en général nous l’a prouvé à diverses reprises.

Mais au delà de toutes ces anecdotes, il ne faut pas oublier les échanges que nous avons avec les jeunes du collège avec qui nous travaillons. Tous les pays que nous traversons et qui font partie de l’Union Européenne font l’objet d’un compte rendu circonstancié de ce que nous voyons, de la perception que nous avons des choses, des gens, de l’économie du pays. Nous espérons que cette façon de procéder  leur permettra de mieux connaître ces pays et pourquoi pas les incitera un jour à vivre leur propre expérience sur le terrain.

Nous sommes conscients de la chance que nous avons de pouvoir effectuer un tel périple et sommes heureux de pouvoir ainsi partager notre expérience avec ces jeunes qui pour certains n’ont pas la possibilité de voyager.

On s’aperçoit également de l’intérêt que présente notre voyage par rapport aux visites effectuées sur notre site. De même, il apparaît qu’à travers et autour de notre projet, des liens divers se tissent et des complicités se créent.

Francis et Nelly.            

février 16, 2005 dans Ils l'ont fait | Permalink | Commentaires (4) | TrackBack

Je suis Néerlandaise et j’habite en France

En 1976, mes parents ont acheté une maison dans le Vendomois. Ca faisait plusieurs années qu’on avait pris l'habitude de venir 3 semaines en été sur le camping de Vendôme, en Loir et Cher . Séduit par cette région, mais préférant un peu plus de confort, on a acheté une maison qui nous a servi de résidence secondaire pour passer des vacances. De plus en plus de gens l’occupaient. On s’est lié d'amitié avec les gens du village.  Avec certains plus que d'amitié d’ailleurs!

Je décide de m'installer en France à 21 ans avec un français du Vendomois.

La langue française je l'apprend sur le tas !

Mes parents suivent quelques années plus tard après leur retraite. En France on a un peu plus d'espace qu’aux Pays-Bas. Aujourd'hui j'ai encore un frère aux Pays-Bas, mais maintenant avec l'Euro et la facilité pour passer les frontières, le voyage entre les deux pays est devenu très facile et rapide. Le fait qu'on parle plusieurs langues nous a facilité dans notre entreprise de créer des chambres d'hôtes. Aujourd'hui on accueille à notre tour avec beaucoup de plaisir des touristes de toute l'Europe et d'ailleurs.

Je me sens européenne. J'ai passé 21 ans de ma vie au Pays-Bas et 21 ans en France.

Je n'ai pas l'impression d'avoir changé de pays mais plutôt l'impression d'avoir changé de région. La France est un grand pays et je pense que c'est différent d'habiter la Bretagne ou l'Alsace. Habiter un autre pays d'Europe je le ressens comme ça. Chaque région est différente, avec une autre culture, une autre architecture, d’autres paysages. Avec l'Europe on ne change pas mais on s’enrichit. Notre pays est devenu plus grand et il faut en profiter. Néanmoins il reste beaucoup à faire.

Barbara

février 16, 2005 dans L'Europe dans leur vie | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack

Maladie en Erasmus payée par la Sécu danoise

Etudiante Erasmus à Copenhague durant l'année 2002-2003 j'ai dû recourir par deux fois au système de soins danois, la première fois pour une angine aiguë à mon arrivée, la seconde pour une crise d'oreillons aussi subite que douloureuse, quelques jours avant mon départ du pays. Armée de mon certificat et de mon plus bel anglais (bien que dans les deux cas il ne m'étais pas facile de parler) je me suis donc rendue aux locaux attribués au médecin de garde responsable de mon quartier. Lors de notre arrivée au Danemark il nous a effectivement été assigné un médecin traitant proche de notre lieu de résidence, ainsi qu'un centre de médecin de garde dans notre quartier. La prise en charge a été rapide, efficace et sympathique dans les deux cas, de même que chez le spécialiste ORL vers lequel on m'a orienté lors de ma crise d'oreillons. Les rendez-vous ont toujours été fixés dans les plus brefs délais et la prise en charge du coût des soins a toujours été intégrale par la LMDE et ma mutuelle en France. Le désagrément de telles maladies ne s'est donc ni accompagné de déboires administratifs, ni de situation, bien au contraire. L'Europe des échanges étudiants, forte de ses dispositifs efficaces et rassurants, a donc un bel avenir devant elle !

Marianne

février 16, 2005 dans L'Europe dans leur vie | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack

Côte d’Ivoire : bénévole de crise

Quand les Français et tous les Européens de Côte d'Ivoire se sont retrouvés menacés, et qu'il a fallu dénicher des avions pour les aider à quitter le pays, la solidarité européenne a joué à plein régime. Les suédois ont tout de suite proposé de prêter un avion pour faire des rotations entre Accra, au Ghana, et Abidjan. En cellule de crise du Ministère des Affaires Etrangères, en France, on nous a dépêché un agent de liaison. Il a passé ses journées à téléphoner au monde entier pour permettre à des expatriés, tant Français qu’ Allemands, Suédois ou Norvègiens de décoller et de quitter un pays où ils étaient menacés. Bien sûr, la même chose a été entreprise pour tous les avions. Au total, la France a pu secourir plusieurs centaines de citoyens européens. Preuve que face au danger, la solidarité européenne est une réalité, pas seulement une hypothèse.

Louis, bénévole.

février 15, 2005 dans Europe solidaire | Permalink | Commentaires (222) | TrackBack

Mon stage agricole en Finlande : La terre bouge !

Je me destine à conduire une Exploitation Agricole. Je suis élève en 2èmeannée de Bac Professionnel à la Maison Familiale et Rurale de Songeons, dans l’Oise. Dans le cadre de ma formation, j'effectue mon Bac par alternance : 15 jours de stage et 15 jours d'école.
Grâce au financement du programme européen Léonardo da Vinci, ainsi qu'à la participation des écoles de Songeons et de Kainu en Finlande, j’ai pu effectuer un stage à l'étranger.

J'ai choisi de partir en Finlande afin de découvrir un pays plutôt méconnu des Français.

Le stage a duré 3 semaines, à la fin de l’été. Je suis parti avec un groupe de 8 autres élèves. Nous avons pris l'avion avec un peu d'appréhension ne sachant pas ce que nous allions découvrir et surtout comment nous allions nous débrouiller pour nous faire comprendre.
Les 3 premiers jours ont été difficiles car il fallait parler en anglais. Moi qui n'ai jamais fait d'effort concernant cette matière car je pensais que cela ne me servirait à rien dans ma vie future ou professionnelle, il a bien fallu que je m’y mette et je ne regrette pas du tout ! Je me suis rendu compte qu’ il était important de pouvoir s'exprimer et de se faire comprendre dans une autre langue que la sienne. Les jours suivants ont été magiques, l'accueil qui m'a été fait, aussi bien par la personne chez qui j'ai logé que par la responsable de l'exploitation sur laquelle j'ai travaillé, m'a mis en confiance et j'ai donc pu communiquer aisément.

La façon de vivre en Finlande est tout à fait différente…

Les repas reviennent souvent. Environ 6 fois dans la journée avec pourtant un seul repas consistant ! Une autre vision sur les méthodes de travail aussi, ce qui apporte un plus à notre formation. C’est une opportunité de voir comment ça se passe ailleurs dans un milieu comme celui du monde équin très fermé en France. Et puis nous apportons aussi notre savoir faire, des techniques qu'ils ne connaissent pas, tout le monde se complète. Ce stage a été un réel échange de conseils, de découverte à travers les paysages finlandais, toutes les étendues de verdure et de bois, les gens qui paraissent bien moins stressés, enfin tout pour donner envie d'y revenir. Pendant les vacances de décembre, j'avais envie de découvrir ce pays pendant la période hivernale, sous la neige et de voir comment on pouvait travailler avec des températures souvent très basses.

Si les financements du centre équestre où j’ai effectué mon stage se débloquent, j’y retourne dès mon bac en poche.

Ils m’ont proposé un poste pour donner des cours, développer la filière élevage, sortir les jeunes chevaux, les valoriser…
Je ne parle pas encore finlandais, mais j’ai dans l’intention d’apprendre si j’y retourne pour un poste, je suis d’ailleurs en train de perfectionner mon anglais.

Romain

février 15, 2005 dans L'Europe dans leur vie | Permalink | Commentaires (19) | TrackBack

"Chez Marcel" À Prague

Après pas mal de séjours touristiques en République Tchèque, et la chute du communisme, j'ai décidé avec des amis, d'y monter un restaurant dans la pure tradition des brasseries françaises. Depuis un peu plus de10 ans maintenant, notre aventure a pignon sur rue en plein centre de Prague.

Quand on rentre dans notre brasserie, on se sent à Paris,

…et pourtant le lieu est fréquenté en grande majorité par des tchèques. Pleins d’étudiants viennent y passer leur journée, exactement comme en France ils fréquentent les cafés. « Chez Marcel », la déco est française, la pub est française, même les menus sont français, bien que l'on ai été obligé de les traduire en tchèque! Nous pratiquons des tarifs au plus près des prix tchèques pour avoir une clientèle du pays. Les serveurs sont de 11 nationalités différentes, mais le chef est français ! C’est ça l’Europe pour moi.
Pionnier de la brasserie dans ce pays, on est allé encore plus loin. Depuis lors, les steaks tartares s'arrachent sur toutes les tables de la ville. Nous avons aussi eu l'idée d'ouvrir pour le petit déjeuner, ce qui ne se faisait pas avant en République Tchèque.

Depuis l'entrée de ce pays dans l'Europe, c’est vrai, la TVA a augmenté. Mais il faut voir aussi le côté positif des choses : les quotas et les taxes sur le vin sont tombés. Ce qui représentait environ 40% du prix avant ! Il fallait passer par des laboratoires pour pouvoir importer. Aujourd'hui les manœuvres sont facilitées, nous pouvons importer directement. Ce qui fait qu’on peut travailler directement avec des producteurs locaux français.

« Chez Marcel » on fête le 14 juillet, le Beaujolais nouveau, enfin toutes les fêtes nationales. Le plus, dans cette aventure qui a commencé comme un business, c’est le destin de chacun.
Mon associé, par exemple qui est français, est aujourd'hui marié à une Tchèque, il a appris la langue, bref, il s’est complètement intégré. L’Europe comme on l’aime !
Mais ce n’est pas tout. Nous avons comme projet d'ouvrir un bar jazz au sous-sol et de créer un marché d’ antiquaires devant la plus vieille place de Prague.

Eric Chartier

février 15, 2005 dans L'Europe dans leur vie | Permalink | Commentaires (6) | TrackBack

Franco-Allemande, mon identité à la croisée des chemins

Carnet de voyage entre Paris et Heidelberg

Il y a seulement quatre heures, je me trouvais sur les quais de la Gare de l’Est à Paris. Plusieurs fois déjà j’ai voulu écrire tout ça dans mon journal. Pour me débarrasser de cette douleur : quitter la France, quitter Antoine…
Autour de moi, dans le train, plein d’Allemands : avec leurs « Birkenstock » en chaussettes blanches, produits bio en mains, très « alternativ », mal rasés, ach, le summum du Germain antipathique et lourd, sans humour- exactement cette ambiance dans laquelle je n’ai pas envie de retourner : comment ai-je pu vivre dans ce pays ? Antoine avait raison, je ferai ma vie en France !

J’ ai envie de pleurer, je me sens mal et ferais bien demi tour. Ma voisine allemande me parle en français et moi, dans un mélange d’indifférence et d’ arrogance, je lui réponds en français, sans lui avouer que je suis sa compatriote. Elle se donne du mal pour rien !

Mais petit a petit, mon cœur se réchauffe- un Français aurait-il pris la peine de me parler en Allemand ? Nous passons la frontière, voilà l’ Allemagne !
Le personnel du train a changé, toute l’ambiance change- le nouveau conducteur nous souhaite la bienvenue, en Allemand avec son accent tellement drôle de Leipzig, et il souhaite la bienvenue aux Français dans le train … en Français ! Un conducteur Français aurait-il eu cette même délicatesse ?!
Et puis on s’organise : distribution de plans de route, explication en long et en large de l’anatomie du train « et vous pouvez bien sûr acheter des glaces dans le wagon 215- le contrôle ne saurait tarder…
„ Bittschoen, Dankschoen, auf Wiedersehn“, ah je les aime mes compatriotes ! Que j’aime cette organisation, cette volonté de faire les choses correctement, cette gentillesse sans arrogance. Ils ont…pardon : nous avons une curiosité envers l’ étranger, toujours prêts à lui demander d’ou il vient et pourquoi il va en Allemagne.

Deutschland- à peine sommes-nous dans tes frontières que mon cœur a basculé ! Je t’aime mon pays, ta sincérité, ta profondeur, mes amis…. et Paris s’éloigne de minute en minute, je le sens à chaque mètre parcouru. Paris, tes tourbillons glamoureux m’avaient fait oublier ce que j’aime vraiment !

Après avoir fait ce trajet des milliers de fois avec ces mêmes sentiments et interrogations : je ne suis ni Allemande, ni Française, je suis Européenne impregnée de sensibilité franco-allemande ! ça élargit l’horizon, non ?
Comme identité, ça me suffit largement, parce que j’ai appris à vivre ainsi, parce que je ne peux pas me passer des deux pays, parce que je suis chez moi partout : en Allemagne, en France, mais aussi en Angleterre ou en Espagne. Partout je trouve de quoi me réjouir, et des amis! Pourquoi me restreindre à tout prix à un seul dénominateur? Mon Identité c’ est ce que j’aime dans mes deux pays, c’est l’ Europe

Ca me rappelle aussi Amin Maalouf qui disait dans une émission de télé :
« …je ne parle pas de racines- pour moi, les racines c’ est pour les arbres. Nous, nous sommes des hommes et pour les hommes je parle de routes, de routes qui un jour se croisent et puis qui repartent dans d’autres directions… »

février 15, 2005 dans L'Europe dans leur vie | Permalink | Commentaires (2) | TrackBack

Aux sources de l’aventure européenne.

Je suis né le jour de Noël, à Naples, et suis arrivé à Bruxelles en 1964, où j’ai accompli toute ma carrière. Aujourd’hui j’ai décidé de poursuivre mes « objectifs d’Europe » en tant que professeur à Paris.
Pour moi, être européen est fondamental. Je crois l’être depuis ma jeunesse puisque je me suis très tôt impliqué dans les mouvements de jeunesse européens.
J’ai eu la chance de faire partie de ceux qui ont consacré leur vie à la construction du continent, des pionniers de l’Europe.

Lorsque je raconte ma première rencontre avec Jean Monnet à mes élèves, je me souviens : « ma femme enceinte, attendait devant la maison où je devais remettre à Jean Monnet un dossier urgent. Lui-même absent, c’est sa sœur qui m’a ouvert. Voyant ma déception, elle m’a proposé une visite de la maison. C’est là que j’ai pour la première fois vu le « plan Monnet » : une nature morte, un pot et une plante verte : le « plant » Monnet ! Par la suite, nos rencontres ont été plus fructueuses.»
Des années plus tard, travaillant pour la Commission , je me suis rendu en Guadeloupe au moment du référendum sur le Traité de Maastricht. Grâce à l’information déployée, c’est dans cette partie du territoire français que l’on relevait le plus fort taux de « oui ».
Oui, je suis européen, mais ma famille l’est également. Mes quatre enfants sont nés à Bruxelles. Aujourd’hui, leur vie est partagée entre Bruxelles, Londres, l’Italie, Paris...»
Ce que je voudrais aujourd’hui, c’est que le modèle européen soit sauvegardé. Je ne pense pas uniquement au fonctionnement des institutions, mais à la solidarité sociale et régionale,complément indispensable du libéralisme en économie si propre au continent européen. L’esprit pionnier des premiers temps doit aujourd’hui être relayé par la soif de nouveauté des membres arrivant. Leurs questions et leurs personnalités propres seront le moteur de l’Europe de demain.

Giuseppe Ciavarini Azzi

février 15, 2005 dans Les fondateurs | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack

Le 11 mars, j’étais un étudiant français à Atocha.

L’Europe pour moi, c’est d’abord une expérience humaine. J’ai passé une année universitaire à Madrid. J’y ai vécu sous le même toit que des Allemands, des Italiens et des Espagnols, tous assez fêtards…L’Union Européenne, pour moi, c’est avant tout une colocation où plusieurs nationalités partagent un espace commun. Dans mon cas un appart’ qui fut l’épicentre mondial de la rigolade. Mais c’est aussi des échanges d’idées et de points de vues. La place de nos différents pays dans l’Union européenne faisaient également partie de nos sujets de conversation quotidiens.

Mon souvenir le plus marquant de cette expérience, c’est le 11 mars 2004. Ce jeudi s’annonçait pourtant bien. Il devait commencer par une grasse matinée permise par une grève universitaire ! Il n’en fut rien. Réveillés par les appels de nos proches venus des quatre coins d ’ Europe, nous nous sommes tous retrouvés devant la télévision à découvrir l’inimaginable : un attentat à la gare d’Atocha. On aurait tous pu dire ce jour-là : «ich bin ein "Madrilener"! »
C’est cette image que je garde de mon expérience européenne, celle de nos yeux encore endormis mais bien horrifiés par cette tragédie que venait de connaître la ville de Madrid, devenue la nôtre.
Ce jour là nous n’étions plus seulement français, allemand, italien, espagnol, ou même européens; mais bien madrilènes.
J’ai été témoin de la cohésion des peuples; cohésion que l’on ne peut pas seulement attribuer à l’Europe, mais qui en est en grande partie à l’origine.

février 15, 2005 dans Europe solidaire | Permalink | Commentaires (3) | TrackBack